Achetez mon livre : L’art du noir et blanc

Vous avez peut-être enten­du par­ler de Michael Free­man, qui a pon­du quelques bou­quins très appré­ciés des pho­to­graphes — soi­gneu­se­ment illus­trés, com­plets et expli­cites, mal­gré un style par­fois un peu ampou­lé. Eyrolles a publié hier une nou­velle édi­tion de L’art du noir et blanc, tra­duite par bibi.

À la base, il s’agit du Guide du noir et blanc pour la pho­to numé­rique, paru en 2009 chez Pear­son. Mais Ilex l’a fait révi­ser et mettre à jour pour sa nou­velle édi­tion, parue en juillet, et Eyrolles a du coup déci­dé de refaire tra­duire inté­gra­le­ment l’ouvrage. Les ver­sions anglaise et fran­çaise ont ain­si été en pro­duc­tion en même temps et il y a eu quelques allers-et-retours entre le Royaume-Uni et la France en fonc­tion des remarques qu’on fai­sait — et c’est super agréable de pou­voir avoir des infos fraîches sur la VO ou d’échanger avec l’éditeur ori­gi­nal sur cer­tains pas­sages.

La pagi­na­tion devant res­ter la même et la langue fran­çaise pre­nant plus de place, il a fal­lu ruser çà et là pour faire tenir le texte, et notre ver­sion est par­fois plus directe que l’originale. Les édi­trices d’Eyrolles ont donc été pré­cieuses pour me signa­ler que là, ça deve­nait un peu trop ellip­tique et qu’il fal­lait réin­tro­duire quelques expli­ca­tions, ou qu’ici ça ne tenait pas et qu’il fal­lait éla­guer.

La struc­ture est assez claire : une par­tie his­to­rique pour com­men­cer, puis une sec­tion tech­nique géné­rale et une série de cas pra­tiques à voca­tion plus artis­tique. L’ensemble est des­ti­né à un public assez large, sans hési­ter par­fois à plon­ger dans des consi­dé­ra­tions assez poin­tues¹ ; ça donne un exer­cice de didac­tisme inté­res­sant et je pense que le résul­tat est plu­tôt équi­li­bré. Pra­ti­quant assez peu le noir et blanc, j’ai appris plein de choses, et le grand public comme les uti­li­sa­teurs un peu plus avan­cés devraient y trou­ver leur compte.

Selon les habi­tudes de la mai­son, l’impression est soi­gnée : si la cou­ver­ture de mes exem­plaires a une petite domi­nante cyan, l’intérieur est par­fai­te­ment neutre, sur un papier sati­né assez agréable qui rend bien les nuances tonales. Voi­là qui est utile pour un tel sujet ! En tout cas, je suis content de l’objet final.

On se retrouve à la fin du mois pour une troi­sième tra­duc­tion, tou­jours au rayon pho­to d’Eyrolles mais d’une approche très dif­fé­rente. Et j’attends la suite avec curio­si­té.

¹ Quand ton édi­trice te demande s’il faut mettre “grain tabu­laire” ou “grain plat” dans l’index, tu te rends compte que l’auteur a quand même un peu plon­gé dans les émul­sions.