A man on the Moon

expo au Palais de Tōkyō, jusqu’au 20 sep­tembre 2009, **

Com­ment ? Vous dites ? 600 pho­tos dans une expo, c’est violent ?

Ben ouais. Ça, c’est la page 1, par­don, le pre­mier mur, et… c’est le moins char­gé. Avec sa quin­zaine d’images…

Il s’agit de pho­tos prises par les astro­nautes de la NASA, et plus rare­ment par des sondes auto­ma­tiques, au fil des mis­sions Mer­cu­ry, Gemi­ni et Apol­lo, sur Has­sel­blad 6x6 — l’expo oublie d’ailleurs de pré­ci­ser que cet équi­pe­ment n’avait pas été pré­vu dans le pro­gramme Mer­cu­ry et que les pre­mières pho­tos orbi­tales ont été prises par John Glenn avec un Minol­ta (le sien, dit la légende).

Ici, on a l’impression d’avoir pri­vi­lé­gié la quan­ti­té. “Met­tons l’ensemble du fonds” semble avoir été le mot d’ordre, et si quelques petits chefs-d’œuvre se glissent dans le lot (dont la “marche spa­tiale” de Ed White immor­ta­li­sée par James McDi­vitt et qui méri­te­rait un mur de grands for­mats à elle seule), il faut les cher­cher dans le lot de pho­tos inter­chan­geables sur le même sujet…

Contre­par­tie logique de la quan­ti­té, les tirages sont en prime de fort petite taille — une ving­taine de cen­ti­mètres de côté –, ce qui vous obli­ge­ra à col­ler le nez aux vitres pour les voir. Quelques tirages un peu plus grands sont pré­sen­tés, mais sous globe de plexi­glas, avec un éclai­rage bleuâtre cir­cu­laire (on en voit un à droite) : reflets garan­tis quelle que soit la posi­tion de l’observateur, pho­to illi­sible à coup sûr.

Ce n’est cepen­dant que dans la pièce de der­rière qu’on touche vrai­ment le fond. Plon­gée dans l’obscurité, elle ne com­porte qu’une série de globes avec cet éclai­rage cir­cu­laire laté­ral assez pour­rave. Dif­fi­cile de voir les pho­tos donc… et rigou­reu­se­ment impos­sible de lire les légendes — car oui, elles sont légen­dées, et si votre écran est bien réglé vous devez pou­voir dis­tin­guer péni­ble­ment un rec­tangle de papier sous chaque globe.

Au final, l’idée est sym­pa, mais absence de sélec­tion, tirages minia­tures et mise en scène illi­sible font mau­vais ménage avec la pho­to. Comble de l’affaire, ça coûte 10,50 € si vous n’êtes pas jour­na­liste (et là, je me dis que ma carte de presse est un peu comme l’abonnement illi­mi­té UGC : ça per­met de ne pas regret­ter sa thune quand on tombe sur un os).

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