Rallye “Neige et glace” : premier passage

Le ral­lye “Neige et glace” se court en ce moment même. Après avoir tour­né sur la Char­treuse lun­di et avant de bouf­fer du Jura aujourd’hui, la jour­née d’hier était consa­crée au Ver­cors.

Du coup, après négo­cia­tion avec mon rédac’chef, je me suis libé­ré mar­di pour aller y dégour­dir mon appa­reil pho­to.

de notre envoyé spé­cial.

Pre­mière chose à savoir : le Neige et glace, après avoir été une épreuve connue il y a un cer­tain temps, a failli dis­pa­raître avant de deve­nir un ral­lye his­to­rique de régu­la­ri­té. Il se court donc prin­ci­pa­le­ment sur routes ouvertes, avec une moyenne à res­pec­ter pour chaque concur­rent. Les voi­tures doivent avoir au moins vingt-cinq ans pour cou­rir en véhi­cule his­to­rique, mais l’organisateur a fait une excep­tion pour une Audi Quat­tro, qui se retrouve toute seule dans son groupe pour ne pas inter­fé­rer avec la course (sur ce ter­rain, on se doute que ses quatre roues motrices sont un sacré avan­tage), mais qu’on est bien contents de voir là.

Deuxième chose à savoir : l’organisation du Neige et glace est cha­peau­tée par Zani­ro­li, ce qui devrait a prio­ri per­mettre d’espérer un haut niveau de com­pé­tence. Pour­tant, hier matin, après que des concur­rents se sont plan­tés dans la neige, le tout pre­mier sec­teur de régu­la­ri­té, du coté d’Aix-les-Bains, a été annu­lé et presque tout le monde a fait demi-tour (deux voi­tures sont pas­sées, une Riley de 1937 et une Vol­vo de 1949, bra­vo à leurs concep­teurs et à leurs pilotes).

Du coup, alors qu’on atten­dait les voi­tures pour la des­cente du col de l’Écharasson dès 11 h 30, le pre­mier concur­rent n’a poin­té le bout de son nez qu’à 12 h 19 ! Agréable pour ceux qui attendent les pieds dans la neige… D’autant que, ren­sei­gne­ment pris auprès des habi­tués de l’épreuve, l’an pas­sé, c’était pareil.

Bref, j’arrête une seconde de râler et je vous envoie la des­cente de l’Écharasson.

Pre­mière à pas­ser, l’héroïne du matin : la fameuse Riley Lynx de Julian Hindle et David Bond. Conduite plu­tôt spor­tive, la voi­ture ayant légè­re­ment ten­dance à hési­ter au moment de prendre son virage, mais elle, au moins, ne reste pas tan­kée dans la pou­dreuse à la pre­mière occa­sion.

Une jolie Renault 4CV jaune coque­li­cot, pilo­tée à ce moment par Iris Hoche­ner (bien que Jürg Hugli soit en pre­mier sur la fiche d’engagement).

Seule autre voi­ture à s’être sor­tie de l’enfer de l’aube, cette Vol­vo PV 444 des Belges (beau­coup de Belges, vous ver­rez) Eric van Sande et Guy Cap.

Porsche 911 (type 901, la vraie, l’originale) de Thier­ry de Latre du Bos­queau et Bru­no Guns. Notez l’immatriculation : c’est bien belge (trois lettres, tiret, trois chiffres), mais c’est “OLD-911”.

Par­mi les plus récentes, cette Opel menée par Yanick Bod­son et Daniel Cha­bo­teau nous confirme que “tra­jec­toire”, c’est un concept un peu com­pli­qué pour une Kadett.

Elles auront la coupe des dames sans for­cer : le seul équi­page entiè­re­ment fémi­nin, com­po­sé de Cathe­rine Meyer-Kor­ber et Sarah Run­zis, roule sur cette fort sym­pa­thique Sim­ca 1000 SR de série. Y’a pas que la vitesse dans la vie.

Beau­coup trop récente pour faire du ral­lye his­to­rique, cette Audi Quat­tro de 1983 de Georges Tom­sen et Pierre Riga. Mais les orga­ni­sa­teurs l’ont prise quand même, ajou­tant un Groupe 6 des­ti­né aux “Véhi­cules d’exception des années 80 à 87” — autre­ment dit, cal­cu­lé spé­cia­le­ment pour faire rou­ler des Groupe B.

On aura atten­du long­temps la pre­mière Ber­li­nette. Cette Alpine A110 1600S a été enga­gée par les Fir­me­nich, mais elle fait par­tie d’une écu­rie connue des cou­reurs rétro : l’équipe d’Erik Comas.

Notez comme, avec un petit coup de soleil sur le coin de la gueule, une A110 prend vrai­ment bien la lumière… (Eh, zhé­ris­son, range ta langue, tu vas mar­cher des­sus.)

Notez aus­si le contre-car­ros­sage pro­non­cé à l’accélération, dû à l’architecture du train arrière : les séries SC/SI/SX avec leurs trains tri­an­gu­lés arri­ve­ront plus tard.

Sans doute une des plus belles réa­li­sa­tion de Ber­tone, et aus­si une voi­ture conçue dès le départ pour le ral­lye : la Stra­tos gagne­ra quatre Monte-Car­lo… C’est aus­si une des voi­tures les plus rares et les plus recher­chées de la pla­nète, et sa cote dépasse des Fer­ra­ri neuves. Si vous en avez une dans votre garage, même au stade ultime de l’épave, vous êtes riche.

C’est pré­ci­sé­ment sous cet angle que la Lan­cia Stra­tos a la gueule la plus bizarre. Celle-ci, enga­gée par les Ver­ca­mer, est une HF : les “stra­dale” n’avaient pas l’aileron arrière et étaient consé­quem­ment beau­coup moins équi­li­brées à l’œil.

La classe fran­çaise, mes­sieurs-dames : on s’incline devant la Citroën DS. Même si ce modèle, conduit par Gérard Vit­toz et Patrick Pute­lat, est un peu récent et même si je pré­fé­rais les phares des pre­miers modèles.

Moins répu­tée, à peine plus récente, la Citroën GS des Ancel­lin, avec un quatre cylindres à plat qui fait un bruit d’enfer.

Juste pour le pay­sage…

Une belle A110 1300, menée par Jean-Pierre Ducroux et Phi­lippe Lequen­trec.

Deuxième GS, tou­jours du flat-four à air, de Pierre de Saint-Viance et Pierre Cazau­ran. Notez l’engagement du bras du chauf­feur : c’est phy­sique, ces bêtes-là.

Cette por­teuse de che­vrons était la der­nière à pas­ser le “matin”. Dans la fou­lée, il était pré­vu que les concur­rents passent au col de la Rama, mais je suis rai­son­na­ble­ment cer­tain qu’ils n’y auront pas mis les roues : il y avait trente cen­ti­mètres de pou­dreuse sur les routes qui y montent.

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