Salon de la photo : les prises en mains

  • Beau­coup d’appareils très atten­dus étaient pré­sen­tés au salon : les pro­fes­sion­nels de la famille 1D Mk III et le D3, les experts α700, 40D et D300, les bridges 18x S8000fd et FZ18, le com­pact expert G9…

Revue de détails, avec une prise en mains rapide de notre envoyé spé­cial.

Les compacts

Canon Powershot G9

Il y a deux ans, j’avais pu uti­li­ser un cer­tain temps un G3, modèle emblé­ma­tique de la lignée G. J’avais été rien moins qu’enthousiasmé : avec sa molette de réglage à l’avant, sa prise en mains abso­lu­ment excel­lente, son écran mobile, et ses pos­si­bi­li­tés inté­res­santes comme la prise flash TTL, on attei­gnait un niveau incroyable pour un com­pact.

Là, j’ai tenu le G9 pen­dant un moment, et com­ment dire… J’ai beau­coup moins bien vu la dif­fé­rence avec un série A.

Tout d’abord, la prise en mains a régres­sé, avec la dis­pa­ri­tion de la poi­gnée. Ensuite, la molette a été rem­pla­cée par une roue codeuse “à la Canon”, au dos du boî­tier, ce qui certes dégage un peu l’index, mais qui est à mon avis moins pra­tique à faire tour­ner. Sur­tout qu’ici, elle se retrouve fran­che­ment au milieu du pouce, déca­lée vers la droite par l’accroissement de l’écran.

Puisqu’on en parle, l’écran est désor­mais fixe, ce qui sup­prime toute pos­si­bi­li­té de cadrage exo­tique (enfin, on arrive quand même à voir plus ou moins en le tenant loin au-des­sus de sa tête, par exemple) : pour les macros, les pho­tos dis­crètes ou les recoins dif­fi­ci­le­ment acces­sibles, c’est plu­tôt gênant.

Au niveau de l’optique, la série G se carac­té­ri­sait par son excel­lence, avec des ouver­tures de l’ordre de f/2 ; le G9, comme le G7 avant lui, se contente de f/2,8 en “grand angle” et f/… 4,8 en télé ! Le G2 (f/2–2,5) se retourne dans sa tombe !

Et puis, on se pose­ra tou­jours la ques­tion du choix de la plage optique. Ne pas des­cendre sous 35 mm pou­vait se com­prendre sur un zoom 3x comme le G2 : on pri­vi­lé­giait le por­trait, quitte à perdre un peu pour les pay­sages. Avec le 4x du G3, c’était un peu plus dis­cu­table, mais là ! On monte à 6x, mais on com­mence tou­jours à 35 mm !

Non, vrai­ment, c’est pas sérieux : com­ment peut-on jus­ti­fier d’allonger au-delà du por­trait, sans pour autant être assez long pour la pho­to ani­ma­lière ou pour vrai­ment aller cher­cher des détails, plu­tôt que de per­mettre de pho­to­gra­phier serei­ne­ment des pay­sages, sujet numé­ro 1 des vacan­ciers de la pla­nète ?

Au pas­sage, on a aus­si vu dis­pa­raître l’intervallomètre, fonc­tion certes peu uti­li­sée au quo­ti­dien, mais qui peut inté­res­ser bien des ama­teurs éclai­rés. Enfin, on s’en tire bien : le G9 retrouve le Raw, qui avait été sup­pri­mé du G7 !!! O_o

Sigma DP1

Un an déjà que ce “com­pact expert” a été annon­cé… Un an qu’on a des pho­tos… Qu’on peut mettre les doigts des­sus… Et qu’on n’a rien de concret concer­nant ce truc sans impor­tance, vous savez : la dis­po­ni­bi­li­té publique.

Le DP1 devrait être (s’il sort un jour) le pre­mier com­pact équi­pé d’un vrai cap­teur de reflex. En l’occurrence, le même Foveon qui équipe le SD14 cri­ti­qué (qui a dit “démo­li” ?) plus bas.

Au Salon de la pho­to, vous pour­rez voir une pré­sen­ta­tion du Foveon qui vous per­met­tra de mettre vos mains sur un SD14 et un DP1. Sans bat­te­rie, ben oui, main­te­nant que vous le deman­dez, on n’est même pas sûrs qu’il soit fonc­tion­nel…

Bon, quand on le prend dans la main, la pre­mière chose que l’on se dit, c’est : “Il a l’air solide. Heu­reu­se­ment, vu comme il tient bien, il risque de tom­ber plus sou­vent qu’à son tour.” Car le DP1, par­fai­te­ment lisse, et plu­tôt du genre glis­sant.

Le DP1 n’a pas de viseur, chose gênante pour un “expert” (même le G7 n’avait pas fait l’impasse !). Qu’à cela ne tienne : Sig­ma en four­nit un… Mais il fau­dra choi­sir : ce sera le fash externe OU le viseur. Quant au flash interne, qui sort de l’angle supé­rieur gauche comme un diable de sa boîte, son déga­ge­ment ridi­cule pro­met une sen­si­bi­li­té par­ti­cu­lière aux yeux rouges — enfin, à véri­fier quand on pour­ra tou­cher un boî­tier qui marche.

Au pre­mier coup d’œil, vous pou­vez aus­si être ten­té de pen­ser un truc du genre : “tiens, une molette de réglage, sous le pouce, pile au bon endroit”. La décep­tion sera cruelle : cette molette règle le mode rafale. Les réglages sont donc pro­ba­ble­ment ren­voyés aux bou­tons, comme sur un Canon A620…

Là-des­sus, ajou­tons une focale fixe à un équi­valent 28 mm (pas for­cé­ment une mau­vaise idée), ouvrant au maxi­mum à… f/4 !, et on aura une idée de la décep­tion qui se pré­pare chez ceux qui atten­daient un vrai com­pact expert, avec un cap­teur de reflex et une optique lumi­neuse…

Les bridges

Fujifilm Finepix S8000fd

Très atten­du, il est la ten­ta­tive Fuji pour se tailler une place au soleil sur le mar­ché des super­zooms com­pacts, face aux SP-550UZ et FZ18.

À la prise en mains, le S8000 est plu­tôt flat­teur : il semble mieux construit (ou moins mal) que ses concur­rents et fait moins toc.

Reste que, pour un appa­reil cen­sé rem­pla­cer l’excellentissime S6500fd (par pitié, que ce soit faux !), on est très sur­pris de voir un cap­teur 1/2,5″, même pas Super­CCD.

Autant le pre­mier contact est plu­tôt sym­pa­thique, autant les choses se gâtent lorsque l’on essaie de viser et de prendre une pho­to. Le S8000 est lent, très lent, avec un auto-focus pour le moins lym­pha­tique ; et si l’on met l’œil au viseur… Ouille ouille ouille. On est vrai­ment très loin de ce qui a pu se faire sur le FZ30, le S9600 ou… le Minol­ta A2.

Au final, c’est un peu déce­vant, d’autant que la prise en mains et l’ergonomie res­tent plu­tôt bonnes, compte tenu de l’absence de bagues et de molettes bien enten­du.

Panasonic DMC-FZ18

Ce bridge très atten­du est la réponse de Pana­so­nic à l’Olympus SP-550UZ. Il rem­place le FZ8 et, comme lui, fait l’impasse sur tout ce qui pour­rait convaincre un ama­teur éclai­ré : si les modes manuels sont bien pré­sents, les réglages au joys­tick sont très vite fas­ti­dieux (c’est pas pire que des bou­tons, mais c’est quand même vrai­ment pas glop). Niveau zoom, il est moto­ri­sé et contrô­lé par un pous­soir autour du déclen­cheur, dis­po­si­tion certes idéale, mais qui ne per­met en aucune manière un confort de cadrage com­pa­rable à une bague méca­nique comme sur le FZ50.

Il est éga­le­ment, comme le FZ8, extrê­me­ment com­pact, et per­son­nel­le­ment, je trouve que c’est trop : je sais plus où poser mon auri­cu­laire. Le viseur n’est pas à la hau­teur : là encore, ça fait très toc — impres­sion qui, fina­le­ment, résume assez bien mon opi­nion de cet appa­reil.

Reste que, dans les zooms 18x, il est le seul à gérer cor­rec­te­ment la mise au point, rapi­de­ment et effi­ca­ce­ment, à toutes les focales ; il est glo­ba­le­ment assez réac­tif et, d’après les tests gla­nés çà et là, il se paie le luxe de très faibles défor­ma­tions et d’aberrations chro­ma­tiques qua­si­ment nulles ; pour qui a vrai­ment besoin d’un 28–500 à gar­der dans la poche, c’est donc sans doute le meilleur choix.

Les reflex amateurs

Panasonic DMC-L10

En voi­là, un boî­tier qu’il était atten­du !

Après un L1 très (trop) par­ti­cu­lier, basé sur l’étrange E-330, Pana­so­nic a pris pour base un E-510, reflex pour sa part dra­ma­ti­que­ment clas­sique. Et après une bonne cure de cus­to­mi­sa­tion (écran mobile, auto-focus en mode Live­View, deux molettes, chan­ge­ment radi­cal de la dis­po­si­tion des com­mandes), le L10 devient une sorte de “super-FZ50”.

En habi­tué des gros bridges Pana (j’ai uti­li­sé pen­dant un an un FZ30), j’ai été très vite en ter­rain fami­lier : le L10 reprend tout de l’ergonomie de ses aînés. On retrouve les bou­tons, molettes, bagues et fonc­tions du FZ50 et, fran­che­ment, un habi­tué du bridge pour­ra pas­ser de l’un à l’autre les yeux fer­més.

Sauf que, au niveau du viseur, c’est un reflex. Pana­so­nic pro­pose avec cet appa­reil une loupe pour com­pen­ser la peti­tesse des viseurs Olym­pus (le for­mat 4/3, moi­tié plus petit qu’un cap­teur APS, n’y est pas pour rien) ; une bonne idée pour ceux qui n’ont pas de lunettes, car cela se paie au prix fort en matière de déga­ge­ment ocu­laire. On n’est donc pas au niveau des reflex concur­rents (dans cette gamme de prix, on a des D80 ou des K10D dotés de viseurs remar­quables), mais là encore, les uti­li­sa­teurs de bridges seront com­blés.

En visée à l’oculaire, donc, on pré­fère net­te­ment les concur­rents — sauf bien sûr les E-410 et E-510. En revanche, en visée écran, c’est un bon­heur rare.

Autant, sur les D300 et D3, ça fait un peu gad­get, avec un écran fixe et une mise au point par contraste pas encore tota­le­ment maî­tri­sée, et donc un peu lente à la détente, autant ici, on sent que l’expérience FZ30/FZ50 a payé. Ces appa­reils étaient assez net­te­ment les bridges les plus réac­tifs de leur temps, avec une mise au point en conti­nu capable, par temps clair et sur des sujets contras­tés, de concur­ren­cer celle de reflex d’entrée de gamme ; le L10 pro­fite à fond de cette expé­rience concluante et, fran­che­ment, il n’est pas évident que la mise au point en “Live­View” (par contraste) soit moins per­for­mante que la mise au point “reflex” (par détec­tion de phase).

Enfin, les pro­prié­taires de bridges sont habi­tués à des appa­reils par­ti­cu­liè­re­ment dis­crets, n’ayant pas de miroir à replier ou d’obturateur à lan­cer ; ils appré­cie­ront là encore la spé­cia­li­té Olym­pus : le déclen­che­ment en dou­ceur. Le bruit est, à vue de nez, à peu près moi­tié moins impor­tant que sur un Pentax, et ne déran­ge­ra pas outre mesure des gens en train de dis­cu­ter.

Le prin­ci­pal pro­blème du L10, main­te­nant, c’est son prix : à près d’une brique avec son 14–50 (équi­valent 28–100), pas très lumi­neux en prime (f/3,5 en grand angle), il est atta­qué par un K10D ou un D80 qui en pro­posent net­te­ment plus à un ama­teur de reflex. Fina­le­ment, c’est donc plu­tôt chez les “brid­geux” qu’il va chas­ser, mais à trois fois le prix d’un FZ50…

Notons éga­le­ment le manque d’optiques com­pa­tibles : certes, c’est un 4/3, mais il ne dis­pose pas de sta­bi­li­sa­tion et ne tire­ra plei­ne­ment pro­fit que des optiques Lei­ca 14–50 et 50–150 (un 14–150 est éga­le­ment annon­cé) conçues spé­cia­le­ment pour lui. Là encore, une carac­té­ris­tique qui ne cho­que­ra pas les pho­to­graphes qui viennent du bridge, mais qui est un sérieux frein à la conquête d’habitués du reflex.

Olympus E-410/E-510

Les voi­là, les miracles de com­pa­ci­té que tout le monde atten­dait du sys­tème 4/3…

Oups, décep­tion.

Ni l’un ni l’autre ne tiennent vrai­ment mal en mains (mal­gré l’absence de poi­gnée sur le E-410 et sa peti­tesse sur le E-510), mais aucun ne tient vrai­ment bien, pour autant qu’on puisse en juger avec des boî­tiers pris dans un coffre-fort de chaînes (plus encore que les autres, Olym­pus avait atta­ché soi­gneu­se­ment ses boî­tiers à la struc­ture du hall d’exposition).

D’un coté, on se réjoui­ra de l’excellente acces­si­bi­li­té de tous les bou­tons et com­mandes… D’un autre, c’est quand même un peu grâce à leur faible nombre qu’on y accède si bien ! Beau­coup de réglages ne sont pas acces­sibles sans pas­ser par les menus, c’est vrai­ment dom­mage. Sur­tout que sur le même châs­sis, Pana­so­nic a mon­tré qu’on pou­vait vrai­ment réus­sir une excel­lente ergo­no­mie.

Enfin, les viseurs, bien qu’identiques à celui du L10, laissent plus sur sa faim. Peut-être du fait qu’il s’agit ici du seul dis­po­si­tif de visée (le Live­View sans auto-focus à contraste, fran­che­ment, c’est à peu près inuti­li­sable) ? Peut-être parce qu’Olympus ne four­nit pas de loupe avec son appa­reil ? Tou­jours est-il qu’ils ne font pas bonne impres­sion, mais laissent plu­tôt le sen­ti­ment de regar­der au loin dans un trou de ser­rure.

Bref, des appa­reils moins bizarres que la série E-300 (à viseur de Por­ro), mais pas plus convain­cants. En entrée de gamme, au prix d’un K100D ou d’un D40, ça irait ; mais là, au prix auquel ils sont pro­po­sés, ça laisse sur sa faim.

Les reflex experts

Sony α700

L’été der­nier, Sony avait fait fort avec l’α100, pre­mier boî­tier de la marque, issu direc­te­ment du Dynax 5D de Minol­ta. Ama­teur, certes, mais le pre­mier à 10 Mpx, avec la sta­bi­li­sa­tion et l’ergonomie Minol­ta en plus.

Reste que, dans les mois qui sui­virent, les sor­ties du D80 et du K10D, uti­li­sant sen­si­ble­ment le même cap­teur, mais plus sérieux, mieux construits (le Pentax est même tro­pi­ca­li­sé), avec de bien meilleurs viseurs, et dotés de meilleurs algo­rithmes de trai­te­ment d’image, lui avaient un peu fait perdre de sa superbe.

Ceci étant, le but pre­mier de Sony était atteint : faire pas­ser le mes­sage aux Minol­tistes. Non, on ne vous laisse pas tom­ber, on n’a pas rache­té Minol­ta par hasard et on veut vrai­ment bien faire avec leur expé­rience et leur sys­tème. Bref, atten­dez un peu avec vos Dynax, plu­tôt que de tout bazar­der et de pas­ser à la concur­rence.

L’α700, lui, est un vrai Sony — enten­dez par là qu’il ne reprend pas vite fait un boî­tier Minol­ta. On remarque d’ailleurs au pre­mier contact que l’ergonomie a été modi­fiée et, dirais-je, logi­qui­sée, avec l’abandon des molettes de réglage sauce Minol­ta qui pou­vaient plaire ou pas. L’α700 est plus clas­sique, moins alam­bi­qué, avec un retour à un sys­tème de réglage plus simple et plus sage.

Au pre­mier coup d’œil, ceci dit, on retrouve les angles saillants des Dynax 5D et 7D et, à la prise en mains, on n’est pas vrai­ment dépay­sé, notam­ment avec le posi­tion­ne­ment de la molette avant ver­ti­cale, en avant du déclen­cheur. On retrouve éga­le­ment l’ ”eye-start” qui coupe l’écran arrière et active l’auto-focus lorsque l’œil (ou un doigt) passe sur le viseur. Glo­ba­le­ment, on pour­rait presque par­ler d’un 7D cla­ri­fié.

En met­tant l’œil dans le viseur, bonne sur­prise : on a vrai­ment bien bos­sé. Large et clair, c’est beau. Je pré­fère tou­jours un Pentax, au verre un peu plus gra­nu­leux — on voit un peu mieux ce qui est flou –, mais c’est un très net bond en avant par rap­port à l’α100. Quant à la mise au point (tes­tée avec un 500 mm f/8), elle est rapide et pré­cise : là encore, une réus­site.

Ajou­tons enfin la poi­gnée la plus com­plète et la mieux fou­tue du mar­ché — d’accord, c’est aus­si la plus moche –, qui reprend à peu près toutes les com­mandes pré­sentes sur la par­tie droite du boî­tier, et qui aligne votre main sur le viseur au lieu de la ren­voyer dans l’angle, et on semble pas loin du sans-faute.

Pas loin seule­ment, car il reste un ou deux détails per­fec­tibles. D’abord, le sélec­teur mul­ti­di­rec­tion­nel, pas très agréable et pas très bien pla­cé — j’ai dû plier le pouce pour y accé­der. Ensuite, les bou­tons du des­sus du boî­tier (mode d’entraînement, balance des blancs, sen­si­bi­li­té) sont trop hauts pour le pouce et trop en arrière pour l’index : on est obli­gé de sor­tir les yeux du viseur pour les uti­li­ser.

Enfin, et ça, c’est vrai­ment dom­mage, Sony n’est pas reve­nu sur la déci­sion la plus dis­cu­table de Minol­ta : la sup­pres­sion de l’écran de contrôle. Peu gênant sur un boî­tier ama­teur, ce choix est un vrai pro­blème sur un boî­tier expert, voire semi-pro : posé sur un pied, il devient très dif­fi­cile de véri­fier les réglages d’un coup d’œil.

Nikon D300

Garg ! Ça y est, je suis amou­reux. ^_^

Le D300 est au D200 ce que le D3 est au D2H : une révo­lu­tion. On reprend gros­so modo la dis­po­si­tion des choses (pour­quoi chan­ger une for­mule qui gagne ?), donc il n’y a pas grand-chose à signa­ler sur le plan ergo­no­mique : même en pinaillant (vous savez comme j’aime ça), tous les bou­tons, toutes les molettes tombent sous la main quand on en a besoin. Il faut assi­mi­ler la logique Nikon (notam­ment l’absence de molette de modes : le mode est un réglage comme un autre, acces­sible par le bou­ton mode au même titre que la sen­si­bi­li­té ou la balance des blancs), mais une fois qu’on s’y est fait, ça roule.

Là où tout change, en revanche, c’est dans le viseur. C’est mieux qu’un K10D, qu’un α700, qu’un 40D, enfin, c’est mieux que tout ce qui n’est pas stric­te­ment pro­fes­sion­nel.

Acces­soi­re­ment, avec 6 images par seconde (et 8 avec la poi­gnée, paraît-il, mais je n’ai pas pu essayer), c’est une belle mitrailleuse : on est qua­si­ment (tout à fait avec le grip) au niveau d’un D2Hs, mais avec une réso­lu­tion trois fois plus éle­vée !

De là à parier que nombre de repor­ters risquent de tro­quer leur D2Hs contre ce D300 plu­tôt que contre le grand frère D3, il y a quand même un pas, vu ce que le gros apporte en plus ; mais même à près de 2 000 euros, je trouve que ce boî­tier donne beau­coup plus que ce à quoi on s’attendait.

Canon EOS 40D

Pre­mière bonne nou­velle : après s’être fait copieu­se­ment insul­ter, Canon s’est déci­dé à faire un vrai bon viseur. Celui du 20D pou­vait paraître excellent à coté de celui du 400D, mais il fai­sait pâle figure com­pa­ré à un K10D ou un D80, pour­tant théo­ri­que­ment moins orien­tés semi-pro.

Ici, on n’est bien sûr pas au niveau d’un D300, mais la com­pa­rai­son avec l’α700 est tout à fait cohé­rente ; on est donc au niveau des réfé­rences du mar­ché d’en des­sous et dans la moyenne de la caté­go­rie.

Deuxième bonne nou­velle : après l’annonce avant-hier de l’augmentation des prix chez Nikon, le 40D paraît d’un coup beau­coup mieux armé. Une dif­fé­rence de 200 € était clai­re­ment à l’avantage du D300, avec 400 € d’écart, c’est plus logique.

Reste que ce boî­tier est tou­jours très Canon, avec un sys­tème de roue codeuse que, per­son­nel­le­ment, je n’aime pas, et tou­jours une bat­te­rie de bou­tons ali­gnés entre le déclen­cheur et le prisme, qua­si­ment inac­ces­sibles. Idem pour les bou­tons pla­cés sous l’écran, dis­po­si­tion que j’ai connue sur mon A70 et qui ne me convain­quait pas trop : ici, c’est le grand écran qui est en cause et qui a empê­ché de les pla­cer tra­di­tion­nel­le­ment, à gauche.

Enfin, notons que vue la queue au stand Canon, où un seul 40D était dis­po­nible, je n’ai pas trop pu prendre le temps de bien le grat­touiller sous tous les angles. Dom­mage : Sony, avec sa bat­te­rie d’α700 sur deux stands, per­met­tait de gar­der un boî­tier deux ou trois minutes pour pou­voir vrai­ment cher­cher et savou­rer.

Les reflex professionnels

Nikon D3

L’anti-EOS 1D Mk III ne fera sans doute pas trop peur aux boî­tiers de stu­dio (EOS 1Ds Mk II/Mk III), essen­tiel­le­ment par sa réso­lu­tion : “seule­ment” douze méga-pixels, comme un α700 ou un D300. Ceci étant, c’est une révo­lu­tion par rap­port à son pré­dé­ces­seurs dans les boî­tiers repor­ters : le D2Hs mar­quait sérieu­se­ment le pas avec un… 4 Mpx !

Ceci étant, la révo­lu­tion, c’est le cap­teur. Le même, sans doute, que celui du boî­tier fan­tôme de Sony (vous savez, celui dont on a vu une maquette à la Foto­ki­na, à coté de l’α700, et dont on n’a pas de nou­velles depuis ?). Un grand cap­teur, for­mat 24x36, avec des pho­to­sites de 65 µm² — qua­si­ment le double de ceux d’un D300. Et si on accroît le cap­teur, ça per­met pas seule­ment de gagner en sen­si­bi­li­té (même si 6400 iso en natif, et 25600 en plage éten­due, c’est violent), ça per­met de aus­si de mettre un gros viseur…

C’est la révo­lu­tion du D3. Quand on met un œil dedans, ça rap­pelle plein de sou­ve­nirs : F6, X700, tous ces boî­tiers mythiques qui ont fait l’Histoire du film 135 avec des viseurs per­met­tant d’apprécier le point qua­si­ment au mil­li­mètre près…

C’est grand, c’est lumi­neux, on sait immé­dia­te­ment quand c’est net et quand ça ne l’est pas… Et même en pré­vi­sua­li­sa­tion de la pro­fon­deur de champ avec un objec­tif fer­mé à f/22, on y voit encore assez clair pour vrai­ment appré­cier ! En un mot, c’est gran­diose. Parce que, tout sim­ple­ment, on avait oublié à quel point ça peut être confor­table, un bon et grand viseur.

Coup de bol, j’ai mis mon œil dans le D300 avant. Sinon, j’aurais trou­vé que cette pièce exem­plaire pour un boî­tier semi-pro était petite et mal fichue, tant son grand frère met les pen­dules à l’heure dans ce domaine. Si on veut pinailler à mort, on dira qu’avec un stig­mo­mètre, ça serait pas dégueu pour les malades de la mise au point manuelle…

Niveau ergo­no­mie, main­te­nant, le D300 reprend la logique Nikon (pas de molette de modes, barillet des modes rafales notam­ment), et place tous les bou­tons pile poil sous le doigt auquel ils ser­vi­ront, y com­pris la véri­fi­ca­tion de la pro­fon­deur de champ, juste sous le doigt que per­sonne pense jamais à uti­li­ser : le majeur droit. À pre­mière vue sur­pre­nante, cette posi­tion se révèle bien pra­tique à l’usage ; c’est un autre bon point que D3 et D300 par­tagent. Et puis, il y a ces petits détails qui font la dif­fé­rence, comme la molette arrière non plus hori­zon­tale, mais légè­re­ment incli­née pour mieux s’aligner sur la posi­tion du pouce.

Bref, peu de boî­tiers peuvent se van­ter de mettre autant tout à por­tée de la main, et je crois qu’on peut rai­son­na­ble­ment par­ler de sans-faute ergo­no­mique.

Quant aux per­for­mances, tout le monde en a déjà tel­le­ment par­lé (il bat le 1D Mk III à la course) que je vois pas bien quoi dire de plus…

Canon EOS 1D Mk IIN

J’ai peut-être déjà évo­qué dis­crè­te­ment l’ ”orga­ni­sa­tion” du stand Canon, où un seul exem­plaire de chaque boî­tier était dis­po­nible, nu, avec une queue d’un quart d’heure ? Et bien, il y a une excep­tion : le podium des télé­ob­jec­tifs, où tous les gros télés série L étaient ali­gnés, avec cha­cun un EOS 1D Mk IIN (la ver­sion pré­cé­dente, donc) mon­té des­sus.

Donc, alors que je n’ai pu tenir le 1D Mk III qu’une ving­taine de secondes, juste le temps de me dire qu’il était net­te­ment plus léger que la ver­sion pré­cé­dente et qu’il y avait un peu moins de bou­tons pla­cés bizar­re­ment, j’ai pu pro­fi­ter du Mk IIN pen­dant deux ou trois minutes sans jamais être déran­gé (pas vrai, Luc ?).

Au pro­gramme, donc, une ergo­no­mie Canon (enten­dez par là : bou­tons pla­cés n’importe où, et qu’il faut pres­ser par paquets de deux pour accé­der à cer­taines fonc­tions), un viseur Canon (étroit, sur­tout que je venais de voir celui du D3), une mitrailleuse à 8 images par seconde, un auto-focus irré­pro­chable en vitesse et en pré­ci­sion (un 300 mm f/2,8 ne laisse pas une grande lati­tude à ce sujet)…

Je vous aurais bien pré­sen­té le Mk III, mais voi­là, j’ai pas pu le tenir assez long­temps.

Les reflex mal placés

Fuji S5 Pro

Je pen­sais que le S5 Pro était un D200 avec un Super­CCD.

C’est faux.

À la main, à l’œil, pas de doute, on retrouve bien ses marques comme sur le pré­cé­dent semi-pro Nikon.

En revanche, il suf­fit de lui deman­der une mise au point pour com­prendre pour­quoi Fuji dit que c’est un boî­tier idéal pour la pho­to de stu­dio…

Ima­gi­nez un D200, au prix d’un D200, mais qui réagit comme un D40 quand on lui demande quelque chose : c’est un peu l’idée. Ce boî­tier est ter­ri­ble­ment lent pour faire une mise au point, pour prendre une pho­to (Fuji annonce une rafale à 3 im/s, mais fran­che­ment, ça m’a paru moins rapide que mon K10D), pour l’enregistrer…

Certes, il garde un vrai avan­tage en dyna­mique (envi­ron 2 EV de mieux que les autres), et il paraît qu’il est plus réac­tif que ne l’étais le S3 Pro — que je n’ai point connu. Mais fran­che­ment, je com­prends d’un coup beau­coup mieux pour­quoi je n’en ai jamais vu en vrai.

Sigma SD14

Quand on regarde la fiche tech­nique et le boî­tier, on se dit que Sig­ma fait payer très cher le pri­vi­lège dou­teux d’un cap­teur tri-couche.

Quand on le touche, c’est pire.

L’ergonomie est vrai­ment très bizarre, avec l’unique molette de réglage, autour du déclen­cheur, qu’on ne sait jamais com­ment prendre. Le viseur n’est pas ter­rible — disons, mieux qu’un 400D, mais loin d’un D80 –, l’appareil est per­pé­tuel­le­ment lent, il ne pro­pose aucun mode hors des clas­siques PASM (ce qui devient gênant à l’heure où même un D80 dis­pose de modes scènes et où un K10D pro­pose une ges­tion tota­le­ment revue de la sen­si­bi­li­té) mais, sur­tout, on manque d’accès directs aux para­mètres. Fina­le­ment, c’est un boî­tier d’entrée de gamme, avec une ergo­no­mie à la D40 (en moins bien), mais ven­du à un prix hal­lu­ci­nant du simple fait qu’il a un cap­teur Foveon ; or, si un tel cap­teur (trois couches super­po­sées, sen­sibles au bleu, au vert et au rouge res­pec­ti­ve­ment, comme dans un film) pré­sen­tait un avan­tage cer­tain à son appa­ri­tion, les algo­rithmes de déma­tri­çage des cap­teurs à matrice de Bayer ont énor­mé­ment pro­gres­sé, au point que même le moi­ré colo­ré devient un pro­blème raris­sime.

Du coup, je ne com­prends pas bien ce qui peut pous­ser à ache­ter cet appa­reil.

Ah, au fait, dans l’esprit “consi­dé­rons l’ensemble du sys­tème et non seule­ment le boî­tier”, notons en prime que la mon­ture Sig­ma SA uti­li­sée par le SD14 n’est uti­li­sée par per­sonne hor­mis Sig­ma… Du coup, il n’est pas facile de trou­ver même les objec­tifs Sig­ma dans cette mon­ture !

Pentax SDM

Autre truc inté­res­sant de ce salon de la pho­to, les objec­tifs Pentax 16–50 et 50–135 SDM.

Enfin, Pentax se met à la moto­ri­sa­tion ultra­so­nique, uti­li­sée depuis déjà plu­sieurs années par Canon et Nikon avant d’arriver chez Sony, Sig­ma et Olym­pus notam­ment.

Coup de bol, le 16–50 était mon­té sur une base connue : le K10D. Ayant l’habitude de mon 17–70, j’ai une bonne base de com­pa­rai­son.

En l’occurrence, la mise au point n’est pas par­ti­cu­liè­re­ment meilleure ou plus rapide avec le SDM. Elle est, en revanche, presque par­fai­te­ment silen­cieuse : le vieux bruit de came est rem­pla­cé par une espèce de chuin­te­ment qui devien­dra par­fai­te­ment inau­dible au moindre mur­mure. De quoi pou­voir plus faci­le­ment faire des pho­tos dis­crè­te­ment, même si par­fois le bruit a du bon : pas mal d’animaux, en enten­dant la mise au point clas­sique, rele­vaient la tête pour prendre une pos­ture beau­coup plus expres­sive…

Sur les focales plus longues, même s’il est dif­fi­cile de com­pa­rer un 70–300 Tam­ron à 160 € à un Pentax 50–135 SDM, la dif­fé­rence de vitesse est beau­coup plus fla­grante, et le silence est tou­jours là.

Ajou­tons que les Pentax SDM sont pro­té­gés de la pluie et des pous­sières, et on est sûr que l’idée est bonne.

Reste à voir la qua­li­té optique : cer­tains bruits de cou­loir chez les tes­teurs ne sont pas très enthou­siastes…