Pentax K100D

Bon, ben voi­là, ça fai­sait un moment que je rêvais des der­niers Pentax. Pas encore moyen de regar­der de près un K10D (Argh ! Ima­gi­nez un Nikon D200 avec un cap­teur sta­bi­li­sé à la Minolta/Sony et un anti-pous­sières à la Olym­pus, au prix d’un Canon EOS 350D…), mais j’ai eu la chance de tom­ber dans une soi­rée sur un type qui avait un K100D, le petit frère du pré­cé­dent.

Dans la main, c’est pas désa­gréable. Ça tient dans la main quand on l’a dans la main, comme disait Coluche. Pas un truc à la Canon 350D sur lequel il faut se cris­per en per­ma­nence. Ceci étant, le K100 reste plu­tôt petit et léger et… fait pas très sérieux au tou­cher. On le tient bien, mais on n’a pas vrai­ment l’impression d’avoir quelque chose de plus solide qu’un com­pact.

Au niveau ergo­no­mique, hor­mis la radi­ne­rie de n’avoir qu’une molette, pas grand-chose à redire. J’ai trou­vé plus vite mes marques qu’avec l’EOS 300D pater­nel, même si, comme sur le FZ30, la molette (située der­rière le boî­tier) est dif­fi­cile à mani­pu­ler en cadrage ver­ti­cal. Reste que ça m’énerve de devoir appuyer sur le bou­ton de com­pen­sa­tion d’exposition en tour­nant la molette pour régler mon appa­reil, même si, ici, je n’ai pas besoin de m’éborgner pour trou­ver le bou­ton en ques­tion (voir l’article sur l’EOS 300D) : il est juste sous l’index.

Le viseur est superbe, enfin, disons, pas à la hau­teur d’un 24x36 (aucun viseur d’appareil à cap­teur APS ne le sera jamais), mais net­te­ment plus agréable que sur le 300D par exemple. Plus lumi­neux (et en soi­rée, on l’apprécie), on détecte mieux — ou moins mal — ce qui est net et ce qui ne l’est pas. Au risque de me répé­ter, cepen­dant, je vais rado­ter un peu : RIEN ne vaut un stig­mo­mètre !

Le truc qui fâche, par contre, c’est les menus (il semble que ce soit une mala­die fami­liale chez Pentax). C’est pas très intui­tif, et la logique de dis­po­si­tion des options est assez… disons que c’est pas ma logique. Ain­si, pour uti­li­ser un objec­tif un peu ancien (dans la même soi­rée, un autre gars avait ame­né un Pentax ME avec un 75–150), il faut acti­ver par mal d’options bien plan­quées… dans les réglages per­son­na­li­sés ! Au pas­sage, c’est dom­mage que les numé­riques Pentax n’aient plus le petit truc qui per­met­tait aux anciens de savoir sur quel cran était la bague de dia­phragme : on est donc obli­gé de fer­mer le dia­phragme manuel­le­ment, pour qu’il puisse mesu­rer la lumière, avant de déclen­cher. C’est le même genre d’économie éner­vante que l’absence d’une deuxième molette, mais bon, tout le monde ne va pas uti­li­ser des optiques anté­di­lu­viennes tous les jours, et le pro­blème ne doit pas se poser pour les optiques KA (sur les­quelles le dia­phragme est contrô­lé par le boî­tier). On appré­cie­ra d’ailleurs le cap­teur sta­bi­li­sé uti­li­sable avec n’importe quel objec­tif, même si j’ai pas trou­vé où on ren­trait la focale (je vous dis, les menus !…).
Le K100D sur lequel j’ai mis mes grosses papattes était équi­pé du 18–55 du kit, équi­valent à un 28–85. C’est assez stan­dard : Canon et Nikon aus­si four­nissent des 18–55 avec leurs boî­tiers, et Olym­pus, avec son 14–45 don­nant un équi­valent 18–90, four­nit la même gamme de cadrages. Seul, dans ce domaine, Minol­ta (par­don, Sony) sort de l’ordinaire avec un 18–70 (équiv. 28–105). Pas de sur­prise en termes de cadrage, donc, mais quand même, par rap­port au cul de bou­teille qu’est le 18–55 «kit» de Canon, un gros pro­grès : l’objectif est mieux assem­blé, plus sérieux, avec une vraie bague de mise au point avec indi­ca­teur de dis­tance, ce qui per­met de l’utiliser même quand l’auto-focus meurt. Et pour la qua­li­té d’image, il ne peut pas être pire.
Je n’en par­le­rai pas, jus­te­ment, de la qua­li­té d’image, puisque le type qui avait ame­né l’appareil est repar­ti avec à la fin de la soi­rée, mais les quelques pho­tos que j’ai pu voir çà et là (notam­ment les tests de Reflex[e] numé­rique, livrés sur un CD avec le maga­zine) montrent que ce petit 6 méga­pixels est exem­plaire dans ce domaine, capable en tout cas de don­ner des leçons au 300D qui est, il est vrai, équi­pé de la géné­ra­tion pré­cé­dente de CMOS.

Donc, in fine, bonne ergo­no­mie plom­bée par quelques éco­no­mies mal venues et des menus d’une logique à vomir. Mais tant qu’on ne va pas dans les menus, ça reste un appa­reil net­te­ment plus agréable à uti­li­ser qu’un EOS 350D (et donc, pro­ba­ble­ment, qu’un 400D), avec un viseur net­te­ment meilleur (y’a pas de mal).
À 600 € avec un 18–55, c’est sûre­ment pas une mau­vaise affaire.